Truffe

Publié le 15 Mars 2008

La truffe française, réputée pour sa saveur inégalable, est aujourd’hui menacée de disparaître. Victime des aléas climatiques, sa production a sévèrement chuté ces dernières années. Les sécheresses estivales et les gels hivernaux précoces perturbent le processus de fructification de ce champignon si convoité. Le réchauffement climatique poursuit ainsi ses méfaits, s’attaquant désormais au contenu de nos assiettes.

La France n’est pas la seule concernée puisque les deux autres grands producteurs mondiaux, à savoir l’Italie et l’Espagne, souffrent également d’un ralentissement de leur production. Alors que la demande mondiale est en constante hausse, les stocks disponibles sont de moins en moins importants. En conséquence, les prix au détail ont explosé. Selon Jean-Charles Savignac, président de la Fédération Française des Trufficulteurs (FFT), il faut compter aujourd’hui entre 700 et 900 € pour un kilo de marchandise, soit le double d’il y a cinq ans.

Bien que de plus en plus de « chasseurs de truffes » démissionnent, des inconditionnels tentent pourtant de préserver ce qu’ils considèrent comme un pilier du patrimoine culinaire français. Des actions locales ont ainsi été menées pour contrer la dégradation des sols, telles que le paillage en période de grand froid ou la mise en place de systèmes d’irrigation plus performants.

Mais ces méthodes ponctuelles n’empêcheront pas à long terme la délocalisation des sites de « cueillette » vers des terres plus hospitalières. Pour Jean-Charles Savignac, il est essentiel d’intervenir en amont afin de définir une législation en accord avec les difficultés que connaît actuellement la trufficulture. La FFT a ainsi obtenu une exonération de l’impôt foncier concernant les terrains non bâtis pour les plantations (1) effectuées après le 23 février 2005, date d’entrée en vigueur de la réforme. Mais de nombreux efforts restent à faire. Et, alors qu’un projet de prime communautaire destiné à la plantation d’arbres truffiers vient de leur être refusé par la commissaire européenne à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, les trufficulteurs espèrent que la présidence française de l’Union européenne leur sera favorable.

Aussi que les adeptes se rassurent, car même si elle demande un peu plus de flair aujourd’hui, la truffe n’est pas encore condamnée à rester sous terre…
Cécile Cassier
1- La truffe est un champignon à fructification souterraine, associé à un arbre-hôte (chênes, noisetiers, etc.). Dans le cadre de la mise en œuvre d'une culture, on utilise des plants mycorhizés obtenus par l'ensemencement des racines à partir de préparations à base de spores de truffes.

Rédigé par bruno

Publié dans #bons plans -bonnes plantes

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