le moulin du Frau (Eugène Leroy)

Publié le 11 Avril 2008

Passage sur les danses

 

Le soir, après avoir soupé avec le courtier, qui avait ses affaires de son côté, nous fûmes dans un café où il y avait un bal. On dansait là des contredanses, des bourrées, des sautières, à peu près comme chez nous ; mais on y dansait aussi une danse que je ne connaissais pas et qu’on appelle le congo, danse très plaisante, ma foi.

Ils sont plusieurs couples de danseurs qui tournent autour d’une grande salle. Le jeune homme se présente devant une danseuse, ci-là, il fait des pas, des entrechats, des pirouettes, arrondit ses bras, fait claquer ses doigts en l’air, tape du pied, enfin fait le beau, le galant, et celui qui cherche à plaire, tout comme un pigeon qui tourne autour de sa pigeonne. La fille, elle, se défend, recule, fait la coquette, prend des airs, tandis que le garçon s’efforce de se faire agréer. Lorsque celui-ci a fini son manège, il passe à une autre danseuse, et  est remplacé près de celle qu’il quitte par un autre garçon, et toujours comme ça, de manière que cette danse ne s’arrête pas. De temps en temps un garçon ou une fille entre en danse, tirent doucement en arrière un danseur ou une danseuse et prennent sa place : quand ils sont fatigués, ils sont remplacés à leur tour de la même façon. Il y avait là une grande fille brune, bien faite, qui dansait le congo dans la perfection. Elle avait une manière de se contourner et de mettre tout son corps en mouvement qui faisait plaisir à voir. Tantôt elle avait l’air hardi en s’avançant à la rencontre de son danseur, puis paraissait se laisser toucher par les efforts qu’il faisait pour lui plaire, et tantôt après s’en retournait en pirouettant, comme se moquant de lui.

Ca n’est pas pour dire, mais le congo est autre chose que la bourrée d’auvergne, quoique celle-ci ne soit pas laide quand elle est bien dansée.

Rédigé par bruno

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